FOURMI - LIERRE
Un
hall d’expositions plurielles et littéraires

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Elle
se présente - ombrageuse, irascible - à la feuille ouverte.
Dans l’innocence - insolence - d’une histoire de mots,
Elle sent renaître, s'égayer
En picotements féconds, les sensations d’écriture.
Être mélancolique, duo d’invraisemblances torturé par saccades,
Elle tourne sa vie en livres,
Salves d’illusions, fictions
de joies bleues, de peines rougies.
L’accueille l'immanquable solitude,
Dans le repaire d'un feu intérieur, attisé de pertes en manques.
D’encre barbouillée, cette curieuse bestiole émerge,
Majuscule, métaphore,
d'une confusion brouillonne,
d'un amas nauséeux de sentiments floués.
Explorant les lianes renforcées du désir,
Elle
apprivoisera l’espace, par accroches successives, tenaces.
Désormais, elle s’appellera Fourmi-Lierre,
Identité biface, affirmation d’altérité, renouveau espéré ...
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FOURMI - LIERRE recueille, en un hall d'expositions permanentes, les branches essentielles, fortifiées de son pivot intérieur.
Modeste musée personnel, chaque exposition correspond à l' ouvrage d' une quête intime, pierres patiemment posées, cimentées, unifiées en un pan cohérent.
Soudées par cette dynamique d'insecte fouineur, ses branches hybrides s'étofferont donc, peu à peu, au fil de la remontée du temps et en écho de leurs résonances.
Désormais vitrine de ses variations bigarrées, FOURMI - LIERRE souligne son expérience de Rédacteur - Documentaliste tout autant que sa volonté d'écrire ses propres compositions.
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Sur l'étang des mots,
Disperser quelques poussières d'encre
FOURMI - LIERRE écoute les mots surgir en phrases et rêve ses textes, comme le peintre sa toile. Ce besoin la taraude, se tisse au-delà d'elle, malgré elle. Il s'affirme nécessaire quête, de soi, du passé, d'un inconnu qui la creuse. Toutefois, elle ne se racontera jamais, sans le voile gaufré d'une fiction, instantanée, sans calque sur sa vie.
Lorsqu'elle capture le monde du regard, prudemment abritée au cœur d'un feuillage opaque, elle cherche passionnément le feu follet qui la guidera.
Cependant, elle ne s'illusionne pas : maigre fourmi, si peu armée, elle ne s'élèvera guère au-dessus de ses semblables, perdus comme elle , dans l'épaisse touffeur de la multitude scripturale. Simplement éblouie par ce paysage intemporel, foisonnant, elle installe sa plume sur un infime bord de l'étang des mots. Alors ses paroles, longtemps mûries, voleront poussières avant - peut-être - de se figer sur un roseau accueillant ...
Mais si, au vol de ses cendres inaugurales, elle partage un instant de connivence - avec quelques insectes de passage - son bonheur s'accomplira.
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Être enfant ... Renaître orphelin.
FOURMI - LIERRE accepte son identité orpheline, en décryptant les traces des blessures passées.
Elle part à la recherche de sa communauté et ne la rencontre que dans l' Histoire, du grand H, aux tendres fictions ...
Curieuse de l'étrangeté, fouineuse de toute vérité, elle dévoile cette réalité sociale en un premier manuscrit - patiemment étoffé, au rythme des aperçus laissés dans cette salle - et prochainement publié aux éditions Chronique Sociale. Son étude pose la familière question : Que deviennent, à nos côtés, ces enfants d' un deuil ?
Puis elle poursuit sa quête et s'étonne. De cette enfance opaque, éclate une vive lumière : le Héros, isolé, meurtri, privé de ses parents. Comment et pour quelles raisons ce personnage d'orphelin devient-il l'un des hôtes privilégié des constructions littéraires ?
Mais d'autres surprises l'attendent : le nombre impressionnant d'écrivains en deuil parental ... Quel étrange destin poursuivent ces auteurs, privés d'une part de leur enfance ? L' écriture serait-elle terre d'accueil, des souffrances enfantines ?
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Un si beau chemin ...
Monsieur TROYAT
Depuis ses premiers rameaux , FOURMI - LIERRE se laisse porter par l'œuvre puissante, superbe d' Henri TROYAT.
Trop sage pour les rois sans couronne ou ignoré des intellectuels du scandale, ... depuis longtemps disqualifié par cette élite littéraire et vaguement traité d'auteur sans envergure, " populaire ", ... ses fictions comme ses biographies continuent pourtant de plaire au lectorat.
Pourfendeuse des injustices, FOURMI - LIERRE souhaiterait lui redonner les lettres d'or - méritées - tant la (re)découverte de chacun de ses ouvrages se révèle plaisir, réflexion, leçon pour sa propre pratique.
Elle espère également rencontrer d'autres passionnés de cet écrivain pluriel, afin de partager de communes lectures et au-delà, revendiquer une conception classique de la Littérature,
échappée de la torture stylistique ou du langage cru des rues,
du nombrilisme voyeur,
de l'obscure atmosphère de mondes glauques ...
En remède de tout cela, Henri TROYAT nous offre - tant son présent doit demeurer éternité - sa vision éclairée du monde, juste observation, saupoudrée de rêve comme de franches convictions.
Porté par l'accent râpeux de la Russie, qu'il revisite sous de multiples formes, Henri TROYAT, enchante nos esprits, dans la calme sérénité d'une prose simple, poétique, efficace, ...
... à prudente distance des débordements crépusculaires d'auteurs, acidulés, acteurs de leur apparence, ... montés aux nues par écrans interposés.
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Fleurs de nouvelles
FOURMI - LIERRE se passionne pour ces bouquets de textes courts, concentrés de senteurs, myriades multicolores de sensations vives. Elle y goûte une force littéraire sans équivalent, distillée en phrases subtilement travaillées, accrochées les unes aux autres en une corolle parfaite qui s'imprime à l'œil et secoue d'émotions.
Loin d'être un sous-genre, inféodé au maître romanesque, la Nouvelle s'élève - à elle seule - en art fictionnel, exigeant, précis mais d'une liberté créative incroyable.
Chaque auteur imprègne d'une atmosphère particulière les toiles narratives qui se tissent sous nos yeux.
J.M.G Le Clézio peint l'errance de héros enfantins, liés à la magie de la Nature.
Tennessee Williams, d'une poésie de violence, observe le monde amer des marginaux voués à de fatals destins.
Maupassant distille un zeste de cruauté normande au cœur d'êtres sans autres rêves que la cupidité.
Tchékhov s'enfonce dans la steppe russe, âpre, sèche ...
Alors que Gogol se promène dans l'inquiétante St Pétersbourg, à la recherche peut-être d'un nez ... ou d'un fou.
Jack London erre dans la neige obsédante, obscure du grand Nord.
De ces courts récits, jaillit une puissance d'évocation qui pointe en nos mémoires un moment bref, intense, indélébile ... et modifie à jamais nos regards sur les autres !
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Dernière modification : 02/06/2010