À moins de vivre dans un caisson hermétique depuis un mois, vous ne pouvez l’ignorer. Trois mots magiques cognent à nos oreilles sur-médiatisées : "N'oubliez pas la Fête des mamans "
Placardée à tout mur, serinée à toute onde, sponsorisée par les épilateurs électriques épidermiques, susurrée par les meilleurs substituts de repas, vous vous prenez à maudire celle qui vous a mis au monde. Être mère s’avère déjà mission délicate (ingrate ?)… Être ciblée par la grande pompe commerciale… c’est trop !
En même temps, ce matraquage a du bon : eux non plus, n’oublieront pas !
Eux ? L’homme d'un si beau jour et les enfants qui en découlent.
Mais là encore, avez-vous du souci à vous faire ?
À voir leur allure d’agents de la DGSE, complotant à écoutes secrètes (que vous entendez parfaitement !), conspirant malicieusement en vous jetant des œillades entendues, vous savez … qu’ils préparent ! D’ailleurs, votre aîné vous a discrètement demandé où se trouvait le rouleau de papier cadeau.
Heureusement, cette tradition-là ne risque pas d’être exclue des programmes scolaires ! Vivent les colliers de nouilles, les mains imprimées sur plâtre, le cadre bordé de coquillages, le pot de yaourt peint de paillettes dorées (qui restent collées sur le bout des doigts) ! L’imagination créative des instituteurs vous a étonné pour l’aîné, nettement moins pour la cadette… Enfin, cela reste le bon temps du Primaire. Car, avec le collège, le rituel s’achève, accentuant vos regrets de les voir grandis.
Finalement, à les voir se démener - pour VOUS - un petit nuage rose vous enveloppe gracieusement, vous porte, jusqu’à la date fatidique. Vous vous préparez à être célébrée, ovationnée à votre juste valeur : celle de la meilleure Maman ! Et comme vous êtes la seule de ce foyer, la victoire est assurée tous les ans !
Votre imagination, incontestablement très féconde, fonctionne à plein. Que concoctent-ils d’exceptionnel ?
Ont-ils enfin percé vos espérances cachées ? Ont-ils deviné vos envies délirantes ? Ont-ils capté la substantifique moelle de vos désirs profonds ?
Vont-ils se rappeler que votre chaîne en or a perdu ses 8 carats ? Et avec les beaux jours décolletés, son côté clair-obscur dévalorise vos effets de mode.
Vont-ils se ruer sur l’ensemble rose fuchsia dont vous parlez depuis 15 jours ? Par hasard, bien sûr…
Se partageront-ils, ce jour béni - et pourquoi pas durant une bonne semaine - les tâches ménagères placées sous votre haute (et unique) responsabilité ? Hum … !
Vous inviteront-ils au restaurant ? Les pizzerias et autres chinois se chevauchent pourtant bien en évidence sur le frigo … Mais là, tant pis pour l’assorti rose fuchsia, … d’ailleurs la coupe vous grossissait déjà !
– Oh, rêve suprême – Ont-ils réservé un week-end en palace au bord de l’eau, thalasso garantie, massages assurés, dîner aux chandelles en bord de piscine, robe du soir exigée (ni rose, ni fuchsia)…. ? Et Venise ....
Qu’il est bon de se laisser griser ! L’espérance serait, paraît-il, la religion du bonheur …
Toutefois, sans vouloir jouer les corneilles sur un ciel déjà sombre, atterrissons quelques minutes, je vous prie, et sortez de la gondole.
L’inoubliable, ils l’avaient trouvé l’année dernière … ou l’année d’avant, peut-être ? Peuvent-ils aller au-delà ?
Cependant, rappelez-vous cette évidence : chaque année, une pointe de déception vous guette. Allons, reconnaissez-le … un peu … tout de même !
Bien sûr, ils sont si touchants, rayonnants de leur choix. Pourtant, vous vous interrogez invariablement : vous connaissent-ils vraiment ?
Vous êtes obligée de vous astreindre au repassage, pour ne pas les voir défiler en tenue « Crunch » ou « Cruche », enfin quelque chose d’approchant ! Mais vous offrir un « fer à re-dépasser », même jaune fluo (pourquoi pas rose fuchsia !), même dernier cri, à condensateur de tartre et défrisage instantané (vous n’avez toujours pas trouver comment cela fonctionnait d’ailleurs), vous l’avez pris comme une offense à vos dons.
Quant à la balance électromagnétique à résonance sonore, votre fierté pondérale s’en ébranle encore !
Mais aviez-vous seulement apprécié le foulard Hermaz (vous trouvez ça rombière et cela gâche vos décolletés !), kaki rehaussé de rouge (aie !) ? Importable, vous l’avez supporté deux heures, « pour leur faire plaisir ». Depuis, il se cache judicieusement au fin fond de l’armoire, et il refuse d’en sortir.
Et encore …. L’année où ils s’improvisaient Bocuse, la maison a failli sombrer corps et biens, vous en tête !
Un déjeuner digne des plus grands avaient-ils promis. Vous, douillettement installée sous la véranda, admirant un si beau printemps (derrière les gouttes de pluie), vous trouviez enfin leur idée recevable (même si … dans quel état serait votre cuisine …). Une cavalcade vous fit bondir de votre relaxation : Chef Indien, Petite Plume et Bison Rusé sur les talons, désertaient l’office. Et là ce n’était plus du jeu ! L’huile de friture s’était rageusement alliée au gaz pour faire diversion … La cuisine prenait feu, et sans eau ! Et la fumée n’était pas des signaux destinés à vous prévenir… Car, dans leur fuite éperdue, ils vous avaient complètement oubliée !
Le monde à l’envers : l’homme et les enfants d’abord. Seulement, sans vous, la sauvegarde de l’espèce n’était plus assurée ! Un mois à tout nettoyer … Depuis, vous avez supprimé les frites de vos menus ! Bien fait pour eux !
Vous éclatez soudain de rire. Que de bons souvenirs finalement !
Et qu’il existe ou non une fête des mères, peu importe !
Pour vous, elle est quotidienne.
Bisous, Bêtises, … Câlins, Colères, … Bonnes notes (et mauvaises), dessins à gros cœurs, … vous en avez toute l’année, à foison !
Alors un jour de plus ! Bah, c’est toujours bon à prendre !
Oui, finalement Dimanche, ce sera TOP … Génial !
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Chaque dernier dimanche de Mai célèbre la fête des mères. Cette date, à peu près immuable, couronne un joli mois festif, d’un gros bouquet de roses. Immuable ... Tiens ! ce mot, tout à-coup, me titille et réveille ma curiosité. Après tout, depuis quand cette réjouissance enfantine s’ancre-t-elle si familièrement dans nos rites annuels ? Après tout, sur l'échelle de l'évolution humaine, la femme n’acquiert des droits que fort récemment. Alors, même si le devoir de maternité lui incombe pré-historiquement, de quand date la reconnaissance - masculine et officielle - de leurs fils ... reconnaissants ? Je décide donc d’éclairer cette interrogation socio-materno-historique et me lance à la recherche de l’origine d'une si belle célébration.
Notre bibliothèque familiale s’enorgueillit des meilleurs ouvrages d’Histoire de France et aligne une encyclopédie mondiale des plus récentes. Respectueusement, je m’installe devant cette Alexandrie du savoir universel et feuillette allègrement ces nobles pages. Un, deux, trois, … quelques centaines de pages .... mille peut-être ... RIEN ! Pas une seule miette, même poussière, qui puisse me guider sur une piste, révéler une date ou fournir un quelconque renseignement. Cruelle vérité ... La fête des mères se voit superbement ignorée de nos historiens émérites et de nos lumières encyclopédiques. Ces grands messieurs oublieraient-ils leur passé de garçonnet bercé aux béatitudes maternelles ?
Je range alors mes ouvrages, méditant sur l’exhaustivité des connaissances humaines, finalement bien lacunaires. Internet me permettra-t-il de repousser ces limites frustrantes ? Difficile aujourd’hui de s’en passer, quelle que soit la recherche documentaire entreprise ! Me voilà donc surfant sur les vagues mouvantes de l’information moderne !
Et là, force est de reconnaître que la marée mondiale mériterait un bon ouragan pour épurer le trop-plein. Que de pages ouvertes pour rien ! Que de temps perdu à éliminer toutes les offres commerciales et autres Cadeaux-Boutiques planétaires ! De quoi nous rappeler que toute fête se décline en euros dépensés ...
Enfin, proche de l’overdose nettissime, je réussis à repêcher un premier élément correspondant à ma requête.
Les Anglais célèbrent – paraît-il depuis plusieurs siècles – leur « mother », le 4ème jour de carême (mi-mars). A cette occasion, la bombance s'impose, histoire de rappeler que maman rime avec bectance, pitance, bouffetance, ... enfin bref, je n'ai pas trouvé plus raffiné. Pour une fois dans l'année, ce ne sont pas elles qui régalent mais eux. Ces "children" attentionnés leur confectionnent un bon gros "cake", avec 11 apôtres juchés dessus ! De quoi être bénie une année de plus !
Toujours branchée sur le monde anglo-saxon, je traverse l’Atlantique, direction l'Internet du Québec. L’avantage de nos cousins "de là-bas" réside dans la traduction des sites, en français ! Là, ils m’apprennent que le Nouveau Monde, rebaptisé USA, toujours en avance sur les idéologies, discuta, dès la seconde moitié du XIXème siècle, d’une célébration annuelle des mamans.
Évidemment, une telle revendication, localisée en un siècle encore guindé, ne pouvait être formulée que par Julia. Julia Ward Howe, pacifique auteur d’un hymne pour la paix, institua une journée spéciale, dès 1872, dans sa ville de Boston.
L’idée fut reprise, en 1907 à Philadelphie, par une autre citoyenne, Anna M. Jarvis. Trente-cinq ans pour parcourir quelques centaines de kilomètres vers le Sud, certaines conceptions circulent avec encombre. Toutefois, Anna devait être plus revendicative et tenace. Car elle mena si bien campagne que le président Woodrow Wilson, dès 1914, officialisa la fête des mères, à tous les états américains, le 2ème dimanche de mai. Ce mois de la déesse Maïa semblait donc prédestiné. A explorer ...
A la suite du grand frère américain, le Canada puis l’Australie adoptèrent la tradition, à la même date printanière. Certains pays européens (comme la Belgique) enchaînèrent également le mouvement ... sauf la France ! Je subodorai, pour notre pays, une coutume largement post-révolutionnaire ! et – à juste titre – la fête des mères devra encore attendre pour fêter son premier centenaire.
Mes investigations hexagonales, encore au point mort, patinaient. Cependant, l’ Union Nationale des Familles Françaises me récompensa bientôt d’une médaille de la ténacité féminine. Dès 1897, ces puristes du noyau familial, pilier de notre société, souhaitaient « magnifier » les unions fécondes (entendez nombreuses). Paradoxalement, ils fêtèrent les enfants, fruits de la noce, plutôt que la mère, jolie fleur encore dans l’ombre.
Arriva 1900, l’aube d’un siècle extraordinaire. Quelques initiatives locales en Isère, à Châtellerault, dans le 5ème arrondissement parisien firent espérer un embrasement national du mérite maternel. Il eut lieu mais à l’opposé de toute fête, conjugua le tragique dans le cœur de nombreuses mères.
1919 devait ramener l’espoir – sur ce plan-là du moins : Le gouvernement étudiait la question, soumise par le colonel Croix-Laval, sans nul doute héros militaire du dernier conflit, superbement ignoré aujourd’hui. Avait-il observé les soldats américains éloignés de leur patrie maternelle et respectant, avec d’autant plus de fidélité, l’envoi de courriers spéciaux « Mothers Day » ?
Le 9 mai 1920 fut ainsi autorisée la première Journée Nationale des mères de familles nombreuses, assortie de prix aux plus méritantes. Mais ne l’avaient-elles pas toutes été, durant ce terrible conflit, quel que soit le nombre de leurs rejetons ?
Cette célébration connut un grand succès, dans les cœurs féminins encore endeuillés, de toutes les régions françaises. Au sortir de la saignée guerrière, remonter le moral national, encourager les familles à repeupler le pays et approuver les initiatives militaires - non belliqueuses - ajustaient 3 ricochets sur le lancer d'une seule pierre. Soulignons qu’elle instaurait une fête laïque (donc non contrôlée par l’ Église) dans un pays où la religion dirigeait encore la vie familiale...
Sept mois plus tard (à peine le temps d’une grossesse... ), Mme Marcelle Comblet-Sue - 13 enfants au compteur - recevait des mains du ministre de la Prévoyance Sociale, la médaille d’or de la famille française. Notons qu’en 2009, ces médailles (bronze ? argent ? ...) s'épinglent toujours aux robes des mamans de plus de 4 enfants, l’or se fixant aux rares héroïnes de 8 enfants et plus.
Tout de même, 2 fêtes des mères en cette seule année 1920 : la Révolution maternelle éclatait enfin !
Les années suivantes – et les nombreux gouvernements de la 3ème République - conservèrent la seule journée printanière.
Arrivèrent des temps plus troubles, sans l'oubli maternel. Le Général Pétain, en 1941, institua la « journée nationale des mères », cette fois attribuée à toutes les mamans, sans discrimination du nombre d’enfants. Cela correspondait à la logique de la Révolution Nationale – Travail, Famille, Patrie.
Et comme tout finit dans le code civil, Vincent Auriol, digne président de la mère patrie, paracheva cette œuvre, par une loi du 24 mai 1950. Ainsi, l’article 17 du Code de la famille et de l’aide sociale stipule que « la République française rend officiellement hommage aux mères françaises, lors d’une journée consacrée et fixée au dernier dimanche de mai. »
Et petite fierté féministe, la fête des pères ne fut instituée qu’en ... 1966. Pour une fois, la cause des femmes prit de l’avance !
Pourtant, de toutes les informations glanées sur le sujet, mon âme antique s’évade vers le Panthéon divin. Certains historiens daterait la tradition des Grecs anciens, aux temps de la fête printanière de Rhéa, mère des Dieux. A leur suite, les Romains fêtèrent Cybèle (Rhéa latinisée), leur "Grande Mère", du 15 au 27 mars, à grands coups de cymbales et tambours. Ce culte fut abandonné au 4ème siècle de notre ère, dans la lignée décadente de l'Empire déchu.
Je ne sais pourquoi mais cette origine mythique comble rêveusement un secret désir :
que la fête des mères rejoigne un temple céleste,
une éternelle reconnaissance du berceau géniteur,
un amour immortel inscrit au cœur de l’ épopée humaine,
.... au cœur aimant de l' homme !
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Hall 1 : Sur l'étang des mots ...
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Hall 2 : Être enfant ... Renaître orphelin
- Être enfant ... sans son père ou ... sans sa mère
- "Renaître orphelin. D'une réalité méconnue à une reconnaissance sociale."
- Renaître orphelin ... un printemps révolu
- Perdre ses deux parents, son monde
Pages en cours de construction sur ce même thème de l'orphelin ...
- Sans famille. Une enfance à l'échelle de l'humanité
- Romantique orphelin . De poèmes en chansons.
- Une vie à cœur .... Le personnage de l'orphelin.
- ... Et à cri. Les écrivains orphelins
Hall 3 : Un si beau chemin ... Mr TROYAT
- Romans
- Biographies (Tsars, écrivains russes et français, ...)
- Divers genres (essais, théâtre, Littérature de jeunesse, ...)
- Une page de ressources sur la vie et l'œuvre de Henri TROYAT
Page en cours de construction :
- Biographie du grand académicien
Dernière modification : 30-08-2010